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Joseph-Louis SANGUET en 1878 photo archives familiales Copie partielle de l'article du Journal des Géomètres-Experts Français n°9 de septembre 1921 : Paroles prononcées le 2 Août 1921, aux obsèques de M. Joseph-Louis SANGUET, Ingénieur-topographe, par M.E. PREVOT Ingénieur des Ponts et Chaussées.
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... Joseph-Louis Sanguet naquit, le 8 Juillet 1848 à Aigueblanche dans la Savoie, dans ce pays qui a fourni tant d'hommes au jugement sain et au coeur bien trempé. Venu à Paris à 17 ans, dans les circonstances que nous allons relater, muni du petit bagage mathématique qu'il devait à un instituteur dévoué, il étudia avec passion dans les livres ; fréquenta tout en exerçant pour vivre les fonctions d'employé géomètre, les cours publics de nos grands établissements scientifiques nationaux ; lut et ce qui est mieux s'assimila les ouvrages des grands géodésiens. Ce travail personnel en dehors de tout enseignement régulier, eut d'ailleurs pour effet d'imprimer une caractéristique parfois assez curieuse à ses écrits ou à ses doctrines. D'après le témoignage même de mathématiciens réputés, M. Sanguet, doué d'une intuition merveilleuse, apporta souvent, dans la solution des problèmes qui s'offrirent à lui, des méthodes originales et ingénieuses, déroutant même le technicien par la rapidité et la nouveauté de ses conceptions. Pour nous faire une idée de l'activité déployée par M. Sanguet au cours de son existence si bien remplie, nous allons le suivre successivement dans ses travaux d'inventeur, de propagandiste technique et enfin de professionnel. De bonne heure, M. Sanguet manifesta des dispositions pour tout ce qui touche à la géométrie. A 15 ans, il suivait dans son pays natal, en s'y intéressant vivement, les travaux des arpenteurs locaux et, bientôt, devenait leur aide. Frappé alors des difficultés quasi-insurmontables, voir même des dangers que comporte l'usage de la chaîne d'arpenteur pour la mesure directe des longueurs dans les terrains coupés de gorges profondes, à parois abruptes, comme il en avait des exemples sous les yeux, le jeune Sanguet chercha si les quelques principes de géométrie qu'il avait acquis ne permettraient pas de trouver un procédé pour obtenir la longueur des lignes du terrain sans avoir à les parcourir. Il y réfléchit si bien qu'il ne tarda pas à découvrir le principe auquel on a donné depuis le nom d'auto-réduction et qui permet de déterminer, au moyen de simples visées sur une règle graduée ou mire, la longueur horizontale comprise entre deux points quelconques, c'est-à-dire l'élément même qui est nécessaire au géomètre pour construire le plan, calculer la superficie des champs, etc. Il faut remarquer que fort heureusement pour le progrès de la science topographique, Sanguet ignorait alors tout de la création antérieure des lunettes stadimétriques qui servent aussi à évaluer les longueurs par un procédé optique, mais qui nécessitent l'exécution d'un calcul trigonométrique pour passer des données numériques fournies par l'observation au seul élément véritablement utile, c'est-à-dire à la longueur réduite à l'horizon. Si le jeune inventeur, en effet, avait connu les travaux de ses devanciers, peut-être se fut-il contenté de procédé moins parfait qu'ils avaient imaginé. Quoi qu'il en soit, le procédé de Sanguet donnant directement la distance horizontale, constituait un notable progrès sur tout ce qui s'était fait auparavant. Mais il y a souvent loin de la découverte d'un principe théorique à sa réalisation pratique. Avec une ténacité et une ingéniosité rares à cet âge, M. Sanguet établit aussitôt le plan de son instrument qui était caractérisé par la substitution d'un procédé mécanique au procédé optique pour obtenir les deux visées nécessaires pour l'évaluation d'une longueur. Dès le mois de Mars 1865, âgé alors de 17 ans et 1/2 à peine, il fit breveter l'appareil connu sous le nom de longimètre Sanguet. L'instrument fut construit la même année et présenté à Paris, à la Société d'Encouragement pour l'industrie nationale, laquelle désigna comme rapporteur M. Benoît, ancien officier du corps des Ingénieurs-géographes. D'après la conclusion du rapport approuvé en séance le 27 Juin 1866, M. Sanguet avait bien et complètement résolu l'utile problème qu'il s'était proposé, et dont la solution, d'après le professeur Francoeur, auteur d'un traité réputé de Géodésie et de Topographie, n'était qu'imparfaitement obtenue par des lunettes soit à fils micrimétriques, soit munies de prismes à double réfraction. Le longimètre de 1865 présentait cependant des imperfections inévitables qui ont amené peu à peu M. Sanguet à introduire dans sa construction, tout en conservant toujours le principe de l'auto-réduction mécanique, des perfectionnements successifs dont l'aboutissement a été le très remarquable tachéomètre autoréducteur portant son nom, si apprécié aujourd'hui tant en France qu'à l'étranger. Parmi ces perfectionnements, il faut rappeler les dispositions si ingénieuses adoptées pour assurer le contrôle de toutes les mesures linéaires et angulaires fournies par l'instrument : dispositif à contrôles multiples des longueurs permettant, en outre, de vérifier les inclinaisons et de proportionner la portée de l'instrument à la précision que l'on se propose de réaliser ; dispositif des verniers complémentaires pour le contrôle des angles horizontaux ; déclinatoire perfectionné augmentant la précision de l'orientation, etc.. Le souci de la perfection était teI chcz M. Sanguet qu'il ne mit son tachéomètre-autoréducteur dans le commerce qu'après l'avoir expérimenté et fait expérimenter par ses élèves pendant de très nombreuses années. Préoccupé, comme on le verra, de l'extension aux travaux du cadastre de la méthode des coordonnées rectangulaires, M. Sanguet inventa, d'autre part, en 1872, et construisit en 187ô, un autre instrument véritablement surprenant, le coordinatomètre ; cet appareil fait lire directement sur une mire graduée verticale les distances de cette mire à deux plans rectangulaires verticaux passant par l'axe de l'instrument, c'est-à-dire les coordonnées cartésiennes mêmes du pied de la mire, et cela, sans que l'on ait à déterminer aucune valeur angulaire. Ce coordinatomètre, exposé à Paris, en l878, fut acheté par l'Etat pour le Conservatoire national des Arts et Métiers. En 1879, nouvelle invention : M. Sanguet conçoit, construit et expérimente le longi-altimètre. Cet instrument a l'aspect général d'un théodolite mais, au lieu de donner seulement les éléments nécessaires pour calculer les distances et les différences de niveau, il fournit directement et sans calculs les résultats cherchés au moyen de visées faites sur une mire horizontale. En particulier, on lit, sur cette mire, sa hauteur au-dessus de la station sans même connaître ni l'inclinaison de la visée ni sa longueur. Cet instrument est ainsi spécialement conçu pour lever les plans cotés et à courbes de niveau. Tous les tachéomètres et les instruments similaires sonl d'un prix relativement élevé ; beaucoup de géomètres, désireux depuis longtemps d'expérimenter le procédé moderne de levé tachéométrique, auraient voulu pouvoir transformer leur outillage par l'adjonction à leurs cercles à lunette et à leurs niveaux d'un petit appareil léger et peu coûteux permettant la mesure optique des longueurs. M. Sanguet le leur apporta, en 1886, sous le nom de diastimomètre, c'est un simple prisme serti dans une garniture cylindrique qui s'adapte à volonté devant l'objectif de la lunette d'un instrument quelconque. De plus, pour répondre à divers besoins spéciaux, M. Sanguet créa encore une alidade tachéométrique, une boussole topographique, une règle à calculs pour les géomètres topographes et d'autres accessoires variés (rapporteurs à échelles mobiles, abaques, etc. ) Enfin, pour faciliter les calculs des topographes, il calcula el publia ses excellentes tables trigonométriques centésimales, avec ses nombreuses annexes et sa notice, qui constitue un guide précieux pour la résolution de tous les problèmes que l'ingénieur topographe a journellement à traiter. Toutes ces créations méritèrent successivement à l'inventeur-constructeur une médaille d'argent à l'Exposition de Paris en 1878, des médailles d'or à celles de Paris, en 1889 et en 1900, un diplôme d'honneur aux Expositions de Liège en 1905 et de Milan en 1906 : enfin, un Grand Prix à celle de Londres en 1908, Il fut membre du Jury aux Expositions de Turin, en 1911 et de Gand en 1913. Membre du Conseil d' Administration du Syndicat patronal des constructeurs d'instruments de précisions et du comité français des expositions à l'étranger, sa parole et ses conseils y furent appréciés. ...
Publicité dans le Journal des Géomètres-Experts Français n°2 de février 1921
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